Les deux dernières années ont été mémorables pour les tortues à Parcs Canada. Allant de la protection des nids de tortues à la mise en liberté de jeunes tortues dans la nature, le personnel avait les mains pleines avec ces reptiles importants (et jamais pressés)

Mais nous devons nous hâter d’aider ce groupe ancien d'animaux. Les « tortues sont parmi les plus menacées des principaux groupes de vertébrés », écrivent le biologiste Jeffrey Lovich et ses coauteurs dans le journal BioScience (en anglais seulement).

1. Les Mille-Îles : une R.A.R.E remontée dans le temps

Un bébé tortue dans les mains d'un membre du personnel du parc.

La vie des tortues, en particulier les bébés tortues, est parsemée de défis et de dangers. D’ailleurs, les scientifiques estiment que moins de deux pour cent des tortues qui éclosent survivent jusqu’à l’âge adulte.

Au parc national des Mille-Îles, en Ontario, le projet R.A.R.E. (Reptiles et amphibiens : Rétablissement et éducation) a pour mission d’augmenter leurs chances de survie.

Dans le cadre des programmes de ce projet, le parc recueille des œufs de tortue, les incube, puis relâche les petits dans la nature. R.A.R.E. prête également des nichoirs à tortues aux propriétaires fonciers locaux afin d’étendre la protection contre les prédateurs aux nids de tortues se trouvant sur des terres privées et favoriser l’éclosion des œufs en toute sécurité.

En 2020, Parcs Canada et ses partenaires ont réussi à incuber 31 œufs de tortue et les petits ont été relâchés dans la nature. Trente-cinq nichoirs ont été fournis aux propriétaires locaux, et six nids de tortues ont été protégés à l’intérieur du parc.

2. La Rouge : jeunes tortues retournées à l’état sauvage

Gros plan d’une petite tortue à gorge jaune
Jeune tortue mouchetée

En juin 2020, 57 jeunes tortues mouchetées ont été mises en liberté dans un marais du parc urbain national de la Rouge, en Ontario. Les tortues avaient été élevées pendant deux ans, à l’abri des prédateurs, au zoo de Toronto.

Cette espèce, qui peut vivre jusqu'à 80 ans, peuple la vallée de la Rouge depuis des millénaires. Mais avant 2014, l’avenir de cette espèce était incertain. Il ne restait que sept tortues mouchetées dans la Rouge.

C’était la septième année que des bébés tortues mouchetées étaient relâchées dans la Rouge. Le programme a maintenant permis de réintroduire près de 400 jeunes tortues dans le parc.

L’Agence Parcs Canada collabore avec dix communautés de Premières Nations en ce qui concerne les activités de planification et les opérations du parc liées à la création du Cercle consultatif des Premières Nations (CCPN) du parc urbain national de la Rouge. En 2020, l’Aîné Garry Sault, membre de la Première Nation des Mississaugas de Credit, a béni les tortues mouchetées virtuellement avant qu’elles soient remises en liberté pour poursuivre leur voyage.

3. Péninsule-Bruce : « Surveillance de quartier » pour les tortues

Une tortue serpentine sur du sol caillouteux.
Tortue serpentine au parc national de la Péninsule Bruce

Au parc national de la Péninsule-Bruce, en Ontario, le programme de sciences des citoyens « Traqueurs de tortues » aide à rendre le monde sécuritaire pour les jeunes tortues.

Le programme « Traqueurs de tortues » fait partie du projet « En route vers le rétablissement » du parc.

Au printemps, des bénévoles cherchent des tortues nicheuses à des points chauds partout dans le parc. Lorsqu'une tortue nicheuse est trouvée, les bénévoles installent une boîte de protection au dessus du nid. La boîte garde les œufs à l’abri des prédateurs comme les ratons laveurs et les mouffettes.

De la fin d’août à septembre, les traqueurs de tortues enlèvent les boîtes et aident les bébés tortues à se rendre à un habitat convenable.

4. Chambly : de la voie rapide à la voie lente

Petite tortue serpentine tenue dans la paume de la main.
Jeune tortue serpentine

Les gestionnaires des parcs, des lieux historiques et des canaux nationaux font face à un exercice d’équilibriste réel : comment accueillent ils les gens à leurs sites tout en protégeant les plantes et les animaux qui y résident?

Au cours de l'été 2018, les responsables du lieu historique national du Canal-de-Chambly, au Québec, se sont heurtés à un tel défi. Un visiteur a alerté le personnel du parc qu'une tortue serpentine mère pondait ses œufs en dessous d’une rambarde, près d'une zone achalandée, à dense circulation.

Les employés de Parcs Canada ont construit une cage métallique ressemblant à un enclos pour protéger les œufs. Puis ils ont veillé … pendant plus de deux mois.

Enfin, un après midi chaud du mois d’août, quelques petits bruits de craquement, à peine audibles, pouvaient être entendus…

L’histoire s’est répétée l’année suivante, en 2019, quand 33 bébés tortues ont vu le jour sous l’œil bienveillant du personnel de Parcs Canada.

Bien que la COVID-19 ait rendu difficile la surveillance des aires de nidification, le personnel de Parcs Canada est prêt à aider de nouveau durant l’été 2021.

5. Kouchibouguac : aider les tortues à traverser la route

Une section de métal à travers une route marque un tunnel souterrain.
Écopassage à Kouchibouguac

Les routes sont un danger omniprésent pour de nombreux animaux, mais surtout pour les reptiles et les amphibiens.

Il y a quelques années, les responsables du parc national Kouchibouguac, au Nouveau Brunswick, ont construit quatre passages écologiques sur la route 117 qui traverse le parc. Deux de ces passages écologiques sont petits, conçus pour des grenouilles, des salamandres et d'autres amphibiens. Deux autres sont beaucoup plus larges et peuvent faciliter les choses aux tortues des bois et aux tortues serpentines.

Mais les tortues ne sont pas les seuls animaux à bénéficier des passages : des mouffettes, des souris et même un ours ont été photographiés en train de les utiliser.

6. Kejimkujik : nation de la tortue

Une petite tortue
Tortue mouchetée nouvellement née

Le parc national Kejimkujik de la Nouvelle Écosse est la région du Canada Atlantique la plus riche en tortues. Heureusement pour les tortues, elle est également riche en bénévoles.

L'année 2021 a marqué 33 ans de protection des nids pour les tortues mouchetées à Kejimkujik. Au cours des décennies, ce travail est devenu de plus en plus basé sur le bénévolat.

Les chercheurs et les bénévoles qui travaillent avec ces reptiles qui ont une longue durée de vie doivent attendre des années pour voir leurs efforts de rétablissement porter fruit. Les femelles prennent environ 20 ans pour atteindre la maturité et commencer à ajouter à la population – manifestement un facteur important pour sauver une espèce.

Au cours des deux dernières années, les bénévoles ont observé trois nouvelles nicheuses à Kejimkujik. Pour ajouter à l'excitation, l’une des nouvelles nicheuses a éclos elle même d'un nid protégé – et est la première femelle née dans un nid protégé à pondre des œufs.