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Le nom anglais de cette plante (« Silky Beach Pea », littéralement pois de plage soyeux) en dit beaucoup sur la gesse littorale (Lathyrus littoralis). En effet, celle-ci a des tiges et des feuilles soyeuses. Elle pousse près de la plage. Et, vous l’aurez deviné, cette plante appartient à la famille des pois. La gesse littorale est une courte herbe vivace bleu-gris de la famille des pois qui pousse en talles parmi d’autres plantes des dunes côtières comme l’abronie rose, l’abronie à feuilles larges et le seigle de mer. Sa tige et ses feuilles sont couvertes de petits « poils » gris, et ses fleurs, semblables à celles des pois, sont blanches et roses, rouges ou violettes.

Ce que vous ignorez peut-être, c’est à quel point cette plante rare travaille fort pour survivre et ce que nous pouvons faire pour l’aider.


Trois raisons d’aimer la gesse littorale :

1. Elle mène un dur combat
Gesse littorale en fleur dans le sable.

Tout se ligue contre la gesse littorale. Les chevreuils la mangent. Les plantes envahissantes la repoussent. Les gens et les chiens la piétinent. Les feux de plage la brûlent. Et les tempêtes extrêmes, associées à l’élévation du niveau de la mer causée par les changements climatiques, l’arrachent aux dunes et aux flèches de sable.

La réserve de parc national Pacific Rim abrite actuellement 60 % de la population canadienne connue de gesses littorales.

2. Elle est équipée pour se battre (elle réagit bien aux efforts de rétablissement)
Gesse littorale en fleur dans le sable.

Imaginez comme il est difficile de vivre sur une parcelle de sable exposée aux éléments. Les jolies fleurs de la gesse littorale masquent sa vraie nature : cette plante est entièrement équipée de matériel de survie.

Les poils blindent ses tiges et ses feuilles et emmagasinent l’humidité. Ils protègent aussi la plante contre les vents de sable de la même façon que les cheveux protègent le cuir chevelu.

Ses tiges souterraines et ses racines profondes s’enfoncent loin dans le sable à la recherche d’eau. Ses racines s’associent aussi à des bactéries, ce qui aide la plante à capter l’azote dans un sol pauvre en nutriments.

3. Elle parcourt l’océan
Plantes en fleurs sur les dunes d’une berge.

Les graines de la gesse littorale ne se dispersent pas très loin d’elles-mêmes, mais cette plante a un autre moyen de se déplacer : l’océan.

Les tempêtes hivernales déracinent la plante et emportent les graines. Ces naufragés flottent dans la mer et, à l’occasion, atterrissent dans une zone appropriée où des morceaux de tiges souterraines se fixent et poussent.

La population actuelle de gesses littorales de la réserve de parc national des Îles-Gulf est peut-être arrivée par la mer. Pendant de nombreuses années, les scientifiques qui étudiaient l’île Sidney à la recherche de plantes rares n’ont pas trouvé la gesse littorale. Puis soudain, ils en ont fait la découverte.

C’est aussi ce qui s’est produit à la réserve de parc national Pacific Rim. Quelques mois après des travaux de rétablissement, même à des endroits éloignés d’autres populations connues comme le sentier de la Côte-Ouest, de jeunes plants se sont mis à pousser dans les nouveaux habitats.


Trois façons de prendre soin de la gesse littorale :

1. Faites-en un peu plus
Des bénévoles se tiennent autour de plantes envahissantes des dunes, sur la plage. 

Pendant les projets de remise en état de l’habitat côtier des dunes, les scientifiques de Parcs Canada ont mis l’accent sur l’amélioration du secteur pour que de nombreuses espèces menacées puissent en profiter.


Mesures prises par Parcs Canada :
Des scientifiques de Parcs Canada, des organisations locales non gouvernementales (Central Westcoast Forest Society), des Premières Nations locales (Premières Nations Tla-o-qui-aht et Ditidaht) et des bénévoles ont passé des centaines d’heures à retirer des plantes envahissantes des dunes de la plage Wickanninish, de l’anse Schooner et du sentier de la Côte-Ouest. Ce travail a permis de créer de l’espace non seulement pour la gesse littorale, mais aussi pour d’autres plantes rares et en péril comme l’abronie rose, l’abronie à feuilles larges, le liseron des dunes, la gléhnie des plages, la renouée paronyque et le seigle de mer.
Mesures que vous pouvez prendre :

Envisagez de faire du bénévolat pour Parcs Canada ou de vous joindre à un groupe de conservation local qui participe aux activités de remise en état à une plage près de chez vous.

2. Soyez conscient des répercussions de vos gestes
Plantes poussant sur une dune. 

La gesse littorale de la réserve de parc national Pacific Rim pousse dans un environnement hostile et très dynamique. La température changeante, les rafales de sable, les espèces introduites et envahissantes, et les tempêtes d’hiver menacent de la détruire ou de l’emporter. Les écosystèmes de dunes sont rares au Canada, et ils ont besoin de toute l’aide que nous pouvons leur fournir.


Mesures prises par Parcs Canada :
Chaque année, Parcs Canada mène des travaux de surveillance et d’élimination des espèces envahissantes aux dunes de la plage Wickaninnish et de l’anse Schooner, et le personnel se débarrasse des plantes envahissantes qui entourent la gesse littorale. Les plantes indigènes rares peuvent alors se répandre rapidement pour remplir l’espace nouvellement ouvert.
Mesures que vous pouvez prendre :

Lors de vos visites sur la plage, soyez conscient des répercussions de vos gestes. Ne piétinez pas les plantes qui poussent dans la zone située au-dessus de la ligne de marée haute. Elles peinent déjà à survivre, mieux vaut ne pas leur rendre la tâche encore plus difficile!

3. Pensez aux connexions entre les écosystèmes
Abeille sur une fleur.
Photo: Pippi Lawn

Hishuk ish tsawalk – Tout est lié dans la nature. En rétablissant l’écosystème des sables côtiers, nous pouvons aider la gesse littorale et d’autres plantes rares. Nous ne savons pas encore entièrement comment ces plantes aident les autres créatures.


Mesures prises par Parcs Canada :
Parcs Canada a entrepris des expériences de propagation et de plantation afin d’apprendre comment propager et faire pousser ces plantes dans une serre pour pouvoir ensuite planter la gesse littorale et accroître la population locale. La croissance des populations aidera à améliorer la résilience de cette plante aux changements climatiques et environnementaux, et pourrait avoir une incidence positive sur d’autres espèces.  
Mesures que vous pouvez prendre :

Cultivez des plantes indigènes dans votre jardin ou sur votre balcon. Les pollinisateurs locaux et d’autres bestioles en seront ravis.

Pour en apprendre plus sur la gesse littorale, consultez le Registre public des espèces en péril :