Inventaire des oiseaux forestiers

FALARDEAU, G. ET J.P.L. SAVARD . (En prép.) I nventaire des oiseaux terrestres de la réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de Mingan, 1998-1999 . Rapport du Service canadien de la faune, région du Québec, pour Parcs Canada, Unité de gestion de Mingan.

RÉSUMÉ(Version préliminaire)
Paruline à gorge noire perchée sur une branche de conifère
Paruline à gorge noire
© Parcs Canada / É. Le Bel / L 63 07 01,1992

Nous avons effectué des inventaires d'oiseaux terrestres dans 231 parcelles de 75 m de rayon réparties dans treize des principales îles de la réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan pendant les étés 1998 et 1999 dans le but de documenter l'avifaune de l'archipel ainsi que les communautés d'oiseaux des huit principaux habitats de l'archipel. Nous avons aussi fait des inventaires dans 47 parcelles situées sur la côte pour fins de comparaison avec les îles. Au total, nous avons répertorié 47 espèces d'oiseaux terrestres sur l'archipel. Les communautés d'oiseaux de l'archipel sont assez pauvres et peu diversifiées, ce qui reflète bien le caractère boréal des îles et leur latitude relativement nordique. Les cinq espèces les plus abondantes dans l'ensemble des îles que nous avons inventoriées sont le Bruant à gorge blanche, le Roitelet à couronne rubis, le Bruant fauve, la Paruline à croupion jaune et la Grive à dos olive. Les espèces les plus communes en forêt sont le Roitelet à couronne rubis, la Paruline verte à gorge noire, la Paruline à croupion jaune et la Grive à dos olive. Le Bruant à gorge blanche est nettement l'espèce la plus abondante des tourbières et des landes, suivi de la Paruline obscure et du Bruant fauve dans les tourbières, et du Bruant des prés et du Bruant de Lincoln dans les landes. Le Bruant à gorge blanche est d'ailleurs l'oiseau terrestre le plus ubiquiste de la réserve, étant commun dans tous les habitats de l'archipel.

Toujours sur l'archipel, nous avons trouvé les plus grandes richesses (nombre d'espèces) et densités d'oiseaux dans les tourbières arborescentes, qu'elles soient minérotrophes ou ombrotrophes. Les sapinières basses et les sapinières hautes (peu denses et denses) suivaient ensuite, avec des valeurs un peu plus faibles. La tourbière minérotrophe herbacée et arbustive avait des résultats un peu plus faibles que les sapinières, mais plus élevés que les landes. La tourbière ombrotrophe arbustive s'est classée bonne dernière au niveau de la richesse et de la densité des oiseaux et est donc été le milieu le plus pauvre des îles selon la classification des habitats que nous avons retenue.

À l'exception de l'île Nue de Mingan, dont la majeure partie de la superficie est couverte de landes très courtes et où le nombre d'espèces et les densités d'oiseaux sont très faibles, il n'y a pas de différences très marquées entre les communautés d'oiseaux des îles inventoriées. La majorité des habitats de l'archipel sont présents sur la plupart des îles et les différences observées dans l'abondance de certaines espèces d'oiseaux entre les îles est reliée aux différences dans les proportions occupées par les principaux habitats (forêts, tourbières, landes) de chaque île, l'âge des peuplements forestiers, leur degré de perturbation (chablis), et la distance entre l'île et la côte. Plusieurs espèces typiques des forêts matures et denses comme le Roitelet à couronne dorée, la Grive à dos olive et la Paruline verte à gorge noire ont atteint leur abondance maximale sur l'île du Fantôme. Nous avons observé plus fréquemment certaines espèces typiques des tourbières arbustives comme le Moucherolle des aulnes, la Paruline masquée et le Bruant de Lincoln sur l'île du Havre. Les espèces plus communes sur la côte étaient aussi plus communes sur les îles situées le plus près de la côte que dans les îles plus éloignées (Moucherolle des aulnes, Grive solitaire, Merle d'Amérique, Paruline jaune, Paruline masquée, Junco ardoisé, Chardonneret jaune). Nous avons principalement observé certaines espèces liées aux installations humaines (Hirondelle bicolore, Étourneau sansonnet) sur l'île du Havre et la Petite île au Marteau qui sont situées juste en face du village de Havre-Saint-Pierre.

Nous avons observé des différences plus marquées entre la côte et l'archipel qu'entre les îles au niveau des oiseaux. Les forêts de la côte sont surtout des pessières ouvertes au lieu de sapinières plus denses et plus fermées sur les îles. Nous avons cependant trouvé peu d'espèces reconnues comme étant particulières aux sapinières en plus grande abondance sur les îles comparativement à la côte parce que l'archipel se trouve à l'extérieur de l'aire de nidification de plusieurs d'entre elles. Nous croyons plutôt que les principales différences observées tiennent davantage au pourcentage de recouvrement de la strate arborescente, les espèces de forêts de conifères denses comme le Moucherolle à ventre jaune, le Roitelet à couronne dorée, le Roitelet à couronne rubis, la Grive à dos olive et la Paruline à croupion jaune étant plus communes sur les îles. On rencontre surtout de grandes tourbières ombrotrophes assez pauvres sur la côte alors que les tourbières des îles sont plus petites et plus variées, tant au niveau de la hauteur de la végétation qu'au niveau des régimes minérotrophes et ombrotrophes. Certaines espèces des tourbières arbustives tels le Moucherolle des aulnes et le Bruant des prés sont plus communes sur la côte alors que les espèces des tourbières arborescentes comme la Paruline obscure et la Paruline à joues grises sont plus communes sur les îles. Nous n'avons observé le Grand Chevalier et la Paruline à couronne rousse qu'une seule fois chacun sur l'archipel alors qu'elles sont assez régulières sur la côte et que l'on retrouve pourtant des habitats convenables pour ces deux espèces sur les îles.

Les espèces les plus communes que nous avons notées sur l'archipel de Mingan sont assez semblables à celles rapportées sur plusieurs autres îles du golfe et de l'estuaire. Le caractère insulaire et le climat maritime a entraîné des similarités au niveau de la végétation au niveau de ces îles dont les forêts sont principalement couvertes de conifères et elles ont ainsi une grande partie de leur avifaune en commun même si certaines d'entre elles sont séparées par des centaines de kilomètres. Par contre, à cause de la latitude nordique de l'archipel de Mingan, plusieurs espèces notées sur des îles de l'estuaire et dont les aires de nidification sont plus méridionales y sont cependant rares ou absentes alors que peu d'espèces boréales y sont nettement plus communes.

Rapport d'étude bientôt disponible.

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