Les bisons des plaines de la rivière Sturgeon font partie de l’une des rares hardes qui errent encore en liberté en Amérique du Nord. Un suivi est effectué tout au long de l’année pour surveiller l’habitat du bison, ses déplacements, ses relations avec les prédateurs ainsi que la modification et l’agrandissement de son aire de répartition.

Des partenaires du milieu universitaire, notamment l’Université Laval, l’Université de la Saskatchewan et l’Université du Manitoba, mènent des recherches qui éclairent les décisions à prendre pour la gestion du bison.

Relevés aériens

Bison dans un pré

Depuis 1996, des relevés aériens de la harde de bisons des plaines sont effectués chaque année afin d’établir les tendances de la population. D’après les relevés réalisés par l’organisme Sturgeon River Plains Bison Stewards et le savoir local recueilli par ce même organisme, la population a atteint un sommet entre 2006 et 2008 (plus de 450 individus), puis a décliné. La taille actuelle de la harde est estimée à 120 bêtes, soit moins du quart de la population recensée au début des années 2000. La population a atteint un seuil critique, bien en deçà de l’objectif de 420 individus permettant de maintenir la viabilité de la harde.

Clôtures de déviation

Un employé de Parcs Canada installant une clôture

Des clôtures de déviation électriques ont été installées dans des secteurs clés le long de la limite sud-ouest du parc afin de réduire les conflits et de freiner le déclin de la harde de bisons de la rivière Sturgeon. Les clôtures permettent de réduire le temps que passent les bisons sur les terres agricoles voisines. Les données GPS de 2014 à 2018 indiquent une grande réduction du temps passé par les bisons sur les terres agricoles du début de l’été à l’hiver.

Surveillance

Les bisons des prairies de la rivière Sturgeon

Pendant de nombreuses années à partir de 1996, des colliers GPS ont été utilisés pour suivre et étudier les bisons des plaines de la rivière Sturgeon qui fréquentent le parc. Ces colliers ont permis aux chercheurs de suivre les déplacements des animaux et de délimiter l’aire de répartition du bison de part et d’autre des limites du parc. Les données de surveillance révèlent le type d’habitat qui attire le bison, combien de temps il reste dans un endroit donné et comment il se déplace d’un endroit à l’autre. D’après des recherches antérieures et les données de la surveillance, le bison préfère les prés où pousse une plante riche en nutriments, le carex. Cependant, le bison est aussi attiré par le fourrage et les récoltes, très nutritifs et appétissants, qui poussent hors des limites du parc : luzerne, fléole des prés et avoine. En comprenant mieux les préférences du bison en matière d’habitat ainsi que ses déplacements, on peut mieux anticiper et prévenir les conflits.

Brûlages dirigés

Un employé de Parcs Canada effectuant un brûlage dirigé

On a recours aux brûlages dirigés pour agrandir l’habitat du bison et restaurer l’écosystème de prairies. En l’absence du feu, la tremblaie empiète sur les prairies et réduit la taille des prés naturels. La transformation et la disparition des prairies réduisent la biodiversité et la taille de l’habitat d’animaux comme le bison. Les brûlages dirigés accroissent la superficie des prairies et fournissent du fourrage aux bisons. De plus, de nouvelles pousses voient le jour après un incendie. Les prairies régénérées représentent une option appétissante pouvant se substituer au pâturage et aux cultures, et peuvent contribuer à réduire le temps que passent les bisons hors des limites du parc.

Loups et bisons

Un employé de Parcs Canada réalisant des travaux sur le terrain

En 2013, on a mis en place un programme visant à étudier la relation entre les populations de loups et de bisons dans le parc national de Prince Albert. Dans le cadre du programme d’enquête sur les endroits où les loups tuent leurs proies, on a utilisé des colliers GPS pour suivre les déplacements des loups qui vivent dans l’aire de répartition de la harde de bisons de la rivière Sturgeon. Les données de ces colliers ont permis aux chercheurs de déterminer où les loups tuent leurs proies. Lorsque ceux-ci s’arrêtent et se rassemblent au même endroit pendant plus de quelques heures, on peut supposer que la meute se nourrit d’un animal tué. Les chercheurs se sont rendus dans les lieux où les loups tuent leurs proies pour déterminer ce dont ils se nourrissent. Ils ont ainsi constaté que le rapport prédateur-proie entre le loup et le bison est sain.

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